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Dette publique : brute ou nette?

31 décembre 2012

Lors d’un discours devant la Confédération du Commerce, le Premier ministre, avec sa verve bravache habituelle, s’est dit moins préoccupé par les déficits publics du Luxembourg. Il est vrai que les déficits sont relativement modestes par rapport à la moyenne européenne. En revanche, comme les déficits persistent depuis 2009, il  s’est dit inquiet face à la dynamique de la dette publique (brute). Il a ajouté, narquois, que cette dette avait aussi une origine bancaire, ce qui devrait nuancer quelque peu notre jugement.

En effet, le sauvetage de certaines institutions financières pèse pour 6-7 % du PIB. Il faut donc défalquer ce pourcentage de la dette publique (brute) qui s’élève à 22% en 2012 (voir graphique).

dette publique

Cela veut-il dire que la situation est saine, comme l’affirment certaines confédérations syndicales, avec une inconscience calculée? Malheureusement, les choses sont compliquées en économie!

Il serait bien plus éclairant de regarder la composition patrimoniale globale de l’Etat, le passif et l’actif,dans le temps. En fait la situation à très court terme est plus que favorable si on tient compte des réserves importantes accumulées par le fond de la sécurité sociale. Mais à court terme seulement! La faible croissance économique qui s’annonce pour les prochaines décennies, due à une progression lente de la productivité et de l’emploi, fait que les promesses contractées par l’Etat providence luxembourgeois, ne pourront plus être honorées au tarif actuel. La dette nette risque d’être insoutenable!

C’est le pradoxe des réformes de très long terme qui doivent être engagées hic et nunc. Les électeurs, qui vivent dans la synchronie médiatique, ont une préférence pour le présent et les décideurs politiques, qui sont enfermés dans la logique électorale, sont piégés par un court termisme rédhibitoire. D’ailleurs comment communiquer sur une aporie déconcertante:  à court terme tout baigne, à long terme nous seront tous morts?

La stratégie adoptée par les gouvernants est celle de la peur devant les conséquences tragiques de l’inaction. Pourquoi, en revanche, ne pas miser sur la pédagogie des citoyens et s’efforcer de leur offrir un éclairage complet, objectif  de la dette nette de l’Etat à long terme en spécifiant bien les hypothèses sous-jacentes qui nous font craindre … ou espérer? Je préfère personnellement une pédagogie que Jean-Pierre Dupuy, le philosophe-économiste, a appelé  le « catastrophisme éclairé ».

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8 commentaires
  1. A. Schmitz permalink

    Bravo un den Här Allegrezza fir dëss Initiativ an loost iech virun allem nëtt vun E. Schneider an compagnie a schüchteren. Sou Leit wéi dier déi Kloertext an virun allem keen Maulkuerf unhunn feelt Lëtzebuerg an allen Beréicher.

  2. Il est surprenant de voir comment les grands esprits se rejoignent. Par des chemins différents, Nassim Taleb, philosophe-mathématicien et l’auteur du « Cygne Noir », parvient à des conclusions analogues à celle du philosophe-économiste Jean-Pierre Dupuy. Par un raisonnement probabiliste, Nassim Taleb montre qu’il ne sera jamais possible de prédire des évènements extrêmes de l’avenir à partir du passé. Or, toujours selon Nassim Taleb, les évènements extrêmes, crise, guerre, …, ont plus d’influence sur notre avenir que les petites évolutions au jour le jour.

    Conclusion de Nassim Taleb : Au lieu de prédire l’avenir, couvrons-nous ! Ce qui veut dire : Acceptons de petits risques en échange de grands bénéfices potentiels. Malheureusement, l’expérience montre que nous avons plutôt tendance à accepter de gros risques pour préserver le status-quo plutôt que de chercher à améliorer notre sort dans des environnements changeants. Dans son dernier livre (L’anti-fragilité), Nassim Taleb montre que cette attitude est le fait de sociétés riches, c’est le « Verweile doch, du bist so schön » faustien.

    Mieux vaut le « catastrophisme éclairé » que de vivre les catastrophes..

  3. Richard ANNER permalink

    Just as Manuel Baldauff, I can only join in congratulating Serge Allegrezza for his initiative. It will surely be a supplement for any courses I lead and will help to educate a broader audience, to open eyes to the real economic situation and the problems related to it. I also very much appreciated the link provided and was so able to open yet another page of interesting point of views. R. Anner.

  4. Une des statistiques publié par le Statec m’a particulièrement interpellé :
    http://fisec.wordpress.com/2011/10/08/dependance/
    Je conseille la lecture du livre : La république des satisfaits de John Kenneth Galbraith pour comprendre cette inertie !

  5. « De Mënsch ass eng Fehlkonstruktioun » sot mäi Professer Paul Hoffmann.
    An ech soen: « An de Gott, den hie sech geschafen huet och. »

    „Hirnforscher sagen: Das rationale Verstehen eines Problems reicht nicht aus, um das Verhalten zu ändern. Denn der Mensch ist immer auf der Suche nach dem schnellen Kick.
    Hirnforscher Gerhard Roth weiß, dass Menschen zwar viele Dinge verstehen, dass sie ihren Einsichten aber nicht immer Taten folgen lassen. „Der Verstand ist das schwächste Glied in der Kette der Faktoren, die uns antreiben“, sagt Roth.
    Menschliches Handeln, so der Hirnforscher, wird von drei unterschiedlichen Zentren im Gehirn gesteuert: den unbewussten Emotionen, den bewussten Emotionen und dem Verstand, der Ratio. Und das rein rationale Erfassen eines Problems führt noch lange nicht zu einer Verhaltensänderung. „Dafür bedarf es starker Gefühle und einer unmittelbar bevorstehenden Gefahr“, sagt der Experte. Sich selbst zu ändern, weil es vernünftig erscheint, ist seiner Ansicht nach praktisch unmöglich. Denn die emotionalen Zentren in der Tiefe des Gehirns sind immer auf der Suche nach der schnellen Belohnung. Und sie können sich allzu oft gegen den Verstand durchsetzen.
    Quarks wollte es wissen und hat ein Experiment gewagt. Drei intelligente junge Männer, Sebastian und Oliver, beide Physikstudenten, und der Medizintechniker Christian haben sich dafür zur Verfügung gestellt. Alle drei sagen, dass es ihnen leicht fällt, Entscheidungen zu treffen. Und dass sie sich dabei eher nach ihrem Verstand richten als nach dem Bauchgefühl.
    Unser Experiment haben wir in einem Forschungszentrum gemacht, dem Life-and-Brain-Centre der Universität Bonn. Dort müssen die drei Probanden über den Erhalt einer Geldsumme entscheiden. Das ist verlockend. Doch sie bekommen die Beträge nicht gleich. Versuchsleiter Bernd Weber bietet ihnen jeweils zwei unterschiedlich hohe Summen an: eine niedrigere, die sie schnell erhalten, und eine höhere, auf die sie länger warten müssen. Während die Teilnehmer sich entscheiden, liegen sie in einem Kernspintomografen, der Aufnahmen von der Aktivität ihres Gehirns macht und zeigen kann, welche Regionen bei der Entscheidung besonders aktiv sind.
    Das schnelle Geld ist interessanter
    Sind die Unterschiede zwischen den Geldbeträgen gering, entscheiden sich alle drei Versuchspersonen dafür, das Geld möglichst früh zu bekommen. Erst bei einem Unterschied von 50 Prozent scheint das Warten lohnenswert. Bei Beträgen dazwischen schwanken die drei mehr oder weniger stark.
    Interessant sind aber vor allem die Bilder, die Versuchsleiter Weber nach der Auswertung des Experimentes vorlegt. Bei der Entscheidung für das schnelle Geld war bei den Teilnehmern eine Region im Gehirn besonders aktiv, die auch als Belohnungszentrum bezeichnet wird. Das bedeutet, dass Sebastian, Oliver und Christian mit guten Gefühlen auf ihre Entscheidung reagiert haben. Bei der Entscheidung, länger zu warten waren überwiegend die Zentren für Vernunft aktiv.
    Es fällt schwer, für die Zukunft vorzusorgen
    „Die Studie zeigt“, so Bernd Weber, „dass kurzfristige Belohnungen wesentlich attraktiver für uns sind als langfristige.“ Das ist auch der Grund dafür, dass Menschen sich oft unvernünftig verhalten. Das beste Beispiel dafür sei die Altersvorsorge, die bei vielen unzureichend ist: Sie geben das Geld lieber jetzt aus.
    Die Leute wissen zwar, dass ihr Verhalten falsch ist, aber die kurzfristige Belohnung, die eintritt, wenn sie…“ ihren Wohlstand erhalten dürfen“ ist attraktiv. Attraktiver jedenfalls als „der Armut vorzubeugen, die“ ja erst viel später akut wird.“

  6. Claude FABER permalink

    Excellente initiative que de parler vrai, l’objectif étant de ne pas se voiler la face, analyser sereinement les alternatives, puis décider et mettre en oeuvre. Tout citoyen intellectuellement honnête devrait se rendre à l’évidence que l’effort est une condition du progrès. Je n’arrive pas à comprendre la logique du gagner plus en travaillant moins. Je ne puis m’empêcher de penser que l’ancienne Rome devait avoir cette devise.

    Si j’avais le droit de choisir quatre messages génériques pour nous et notre progéniture, ce serait
    * mettre l’effort à sa juste place (voir ci-devant)
    * accepter le « risque calculé » comme une dimension positive de notre activité
    * cultiver l’éveil au progrès: tous les matins je peux/veux faire de mon mieux pour progresser par rapport à ce que j’étais la veille (à commencer par accepter d’où je pars), tellement plus efficace que de passer des heures à se comparer avec les autres, et finalement louper le coche
    * obsession de mise en oeuvre – étudier c’est bien, faire en réfléchissant c’est mieux.

  7. Norbert Becker permalink

    Enfin un commencement d’éclairage par une personalité compétente et incontestée. En contrepartie du sauvetage des banques il faudrait aussi mettre en évidence les participations acquises en contrepartie et les revenus de dividendes que celles-ci génèrent. La question technique que l’on est en droit de se poser est comment l’Etat gère ces participations, dont une est cotée en bourse? En revanche, qu’en est-il de la garantie d’Etat donnée pour le sauvetage d’une autre banque? A quand l’appel de fonds? Comment sera-t-il financé? Qu’en est-il également de la dette implicite mise en exergue par un institut allemand positionnant le Luxembourg en tête peloton. Ne devons nous pas tenir compte de toutes les dettes?

  8. Manuel Baldauff permalink

    Tout d’abord félicitations pour cette initiative! Il fallait qu’une personne crédible se lance en son nom, c’est-à-dire en toute indépendance, pour jeter un peu plus de lumière sur les vrais problèmes du pays. Et je crois aussi beaucoup à la pédagogie pour faire comprendre aux électeurs où sont les vrais enjeux (c.f. mon speech sur TEDx en début de 2012: http://www.youtube.com/watch?v=shydEvWcSbg). Beaucoup pensent que c’est irréaliste, que le grand public ne peut pas ou ne veut pas comprendre. Mais si on n’essaie pas, on est sûr que cela ne marchera pas. Il vaut donc mieux essayer! Je me réjouis de lire le prochain blog! Manuel Baldauff

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